Économie

Retard dans l’Ouverture de l’Aibd : Senac réclame 8 milliards de compensation à l’Etat

La société Senac réclame 8 milliards de compensation

Sous le prétexte de combler le manque à gagner occasionné par le retard dans l’ouverture du nouvel aéroport, censé lui amener une plus grande clientèle, le concessionnaire de l’autoroute à péage veut que l’Etat lui offre 8 milliards de francs à titre de compensation.

 

A peine l’édition d’hier du journal sur le marché, que Le Quotidien a appris que les motifs de la bouderie du chef de l’Etat allaient bien au-delà de la question des tarifs élevés du péage que la société Senac-Eiffage voulait imposer aux usagers de l’autoroute à péage jusqu’au-delà de Diass. En fait, la société concessionnaire de l’autoroute ne demandait à l’Etat, en plus de renoncer à ses recettes fiscales à venir, pas moins que de lui verser une compensation, au motif que les pouvoirs publics lui auraient occasionné un gros manque à gagner. Dans l’entendement des dirigeants de la société concessionnaire, le fait que l’inauguration officielle de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) ait, une fois de plus, été renvoyée aux calendes sérères, aurait faussé tout le business-plan de l’entreprise. Une personne bien informée de ce dossier confie que «les Français ont fait comprendre que leurs calculs de l’accroissement du trafic sur l’autoroute, s’étaient basés sur l’afflux que devait créer le nouvel aéroport. Or, maintenant que l’achèvement de ce dernier est renvoyé à une date ultérieure, même pas encore annoncée, cela leur occasionnerait un gros manque à gagner». Ledit manque à gagner, estimé à 8 milliards de francs Cfa, l’Etat le leur devrait, estiment les dirigeants de la société de concession. Informé de cette revendication, le Président Macky Sall aurait difficilement maîtrisé sa colère. Tout francophile qu’il soit, il n’a pas oublié que, depuis le départ des Saoudiens de Binladin du chantier de l’aéroport, les retards subis par l’ouvrage sont un peu le fait de l’Agence française de développement, l’un des membres du pool des bailleurs de l’Aibd, dont on sait qu’elle s’est quasiment fait forcer le bras pour accorder le décaissement de la première tranche de 33 millions d’euros qui devaient être versés aux Turcs de Summa-Limak (voir Le Quotidien n°4031 des 16 et 17 juillet 2016). Qu’une société française, qui se cramponne à son contrat léonin pour refuser toute baisse de tarifs d’un péage dont tout le monde est conscient qu’il est parmi les plus chers au monde -bien loin des tarifs des péages en France où Eiffage est concessionnaire également-, vienne à lui réclamer autant d’argent sur un motif aussi fallacieux lui a été à la limite du supportable. Aux dernières nouvelles, Senac n’aurait pas réiteré sa demande. Sans doute convaincu qu’elle ne mériterait rien d’autre qu’une fin de non-recevoir.

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